29 Août 2011
Après ce week-end fort en émotions dans les différents massifs, et avant cette semaine forte en courbatures, je vais essayer de résumer notre aventure pyrénéenne pendant que les souvenirs sont encore frais!
Arrivés jeudi après-midi sur place, la première épreuve, le montage de la tente, se passe sans problème.
Nous avions pris l'option "grand luxe": chambres individuelles, séjour spacieux, électricité à tous les étages...
Ensuite petit tour au Village départ, pour voir les Ultra retirer leurs dossards sous un grand soleil, et apprendre au briefing que le ciel va leur tomber sur la tête le lendemain...
Repas au camping servi par le cuistot qui après son service ira dormir quelques heures avant de prendre le départ de l'ultra et de le boucler... à la 26ème place...
Suivi toute la journée de jeudi et la nuit de la course d'Anthony, dit le chamois du Col de la Youlaz... Une superbe performance au final, chapeau.
Vendredi, comme prévu après une nuit pourrie, journée dégueu, avec brouillard, pluie, grêle et neige en altitude. Petit passage sur le parcours de l'ultra pour voir les premières fusées passer.
Une pensée pour les CCCistes qui sont partis, et qui risquent de passer une nuit terrible.
Et pour Loïc, dont le départ est retardé, et vu les conditions annoncées nous pensons même que le départ ne pourra pas être donné du tout. Mais ils sont givrés ces UTMB...
Retrait des dossard l'après-midi, et préparation minutieuse du sac: "je prends tout, je retiens riens, mon sac à l'air d'une pouc mais je suis rassuré".
Au final tous les vêtements emportés auront servi, alors...
Pasta party, une nuit courte et à 4h il est temps de s'activer.
L'arrivée sur la ligne de départ la plus tardive de l'histoire: 5 minutes avant le départ, sans stress ni échauffement, et avec déjà une belle ambiance.
Le départ donné, 1km de route plate permettent de trottiner un peu, avant de se calmer et d'attaquer les 1400m de D+ en 11kms qui servent de mise en bouche...
Premier pointage 2h30 plus tard, après une montée au rythme du peloton, sans avoir du bouchonner, et une courte descente (175m d-) il fait beau et froid là-haut, Nico attaque d'entrée à la soupe le premier ravito! Nous sommes 408 et 413èmes.
Il faut enchainer de suite avec la fin de la montée vers le col de Bastanet, à 2500m, ou à 8h30 il ne doit pas faire plus de 0, mais l'endroit est superbe au milieu du massif de Néouvielle, on prend le temps de la pause photo.
Nous avons fait 20km et 2000m de D+
Comme la montée, la descente qui suit est très technique, la plupart du temps pas courable, entre rochers, cailloux glissants et herbe mouillée! 1300m de D- pour rejoindre le second ravito,
Artigues. Nous pointons en bas après 5h50, en 373ème position, malgré mes piètres qualités de descendeur "technique". presque 30kms parcourus.
Photo en fin de descente avec en arrière plan la cascade du Garret.
Les paysages sont superbes et la météo avec nous, le t-shirt est de sortie!
A la sortie du ravito nous attend le plat de résistance, l'ascension du Pic du Midi (2876m) depuis Artigues (1190m) en 11kms... Sortez les bâtons, va y'avoir du sport...
Les premiers hectomètres en sous-bois sont terribles, ce qui me fera dire "ah oui c'est comme de la rando, mais au ralenti..."
La suite de l'ascension se fait au dessus d'un très beau mais très long vallon... Passage au col de sencours à 2400m pour se ravitailler un peu avant la fin de la montée vers le Pic, il reste encore 500m de D+.
Une large piste au départ, puis le petit chemin en lacets qui mène en haut.
Ce passage est un aller-retour, on croise donc ceux qui nous précèdent et ont déjà pointé là-haut.
Les encouragements sont nombreux de la part de ceux qui descendent, on comprendra au retour pourquoi!
Arrivée au sommet après 9h12 de course, et malgré l'heure (14h15); il ne fait pas plus de 3-4°, et la tête dans les nuages, on ne pourra pas pofiter du paysage!
Nous pointons en 360ème position (c'est la première fois que nous demandons notre classement d'ailleurs).
La montée bien que très difficile sur la fin nous aura fait gagner quelques places.
Photo: Nico dans les 10 derniers mètres de la montée, à 2875m.
Le Pic représente pour beaucoup le "tournant" de la course. On est juste à la moitié du parcours mais 2/3 du D+ est fait.
Nous profitons de la descente pour encourager ceux qui montent (il en reste) et faire quelques belles photos une fois la tête sortie du nuage:
Photo de la fin de la montée vers le Pic, on distingue les petits points noirs qui montent, qui montent, qui montent...
La descente est longue, pentue au départ pour rejoindre la route du tourmalet (tout en bas au fond du vallon), puis une trèèèèèès longue piste verte nous mène au ravito de Tournaboup, départ de la dernière difficulté du jour.
Sur cette descente (1400m de D-) nous aurons mis 1h35, là ou le grand vainqueur du jour Dawa Sherpa aura mis 43 minutes... Oui mais lui n'a pas du s'arreter pour prendre de photos!
Cette descente reste sur un bon rythme puisque nous gagnons 20 places, nous sommes à 10h40 de course, 340èmes après 50kms.
Au fait à ce moment Dawa est arrivé depuis 1h.
Nous maintenons depuis le départ une avance de 20 minutes sur notre plan de marche initial, pour un objectif de 19h, soit arriver avant minuit.
A partir de Tournaboup, nous partons pour le Col de barèges, 1000m de D+ en 8kms, avec une première partie pas trop pentue mais très technique (rochers notamment), puis un mur final de 300m de D+ en 1.5kms.
Pointage en haut, 13h29 de course, nous avons repris 10 places (328ème) et notre avance sur le plan de marche est plus importante, on commence à penser à l'arrivée, pourquoi pas vers 23h.
C'est le dernier point haut de la journée, il ne nous reste "que" 400m de D+ ensuite.
Sauf que la descente est interminable, bien que très belle et de jour... Première partie très minérale avec lacs et laquets, puis passage en sous-bois très très long pour moi, entre ruisseaux, rochers mouillés et racines qui glissent. On s'en sort avec nos 4 chevilles...
Début de remontée (200m de D+) pour atteindre le dernier pointage, et dernier ravito. Nous pointons à 20h12 en 307ème position, ça commence à sentir l'écurie. Il reste 14 kms, dont 12.5kms de descente et on se prend clairement au jeu du chrono.
Nous faisons un arrêt éclair au ravito, en mode "Mc Drive" qui me vaudra un quasi étouffement dans le mur suivant en voulant manger mon sandwich jambon fromage!
Nous basculons au sommet, il reste "plus" qu'à descendre 1400m plus bas en 12kms.
La descente n'est pas du tout régulière puisque nous commençons par descendre les pistes de ski, une bleue puis une rouge, en mode "tout droit, Nico attends moi". Je déconseille pour la santé de vos genoux la descente en courant de piste rouge après 70kms si vous faites 90kgs...
Arrivée en bas de la station, on se dit qu'il reste 7kms (en fait 8.5) et on a 55 minutes pour arriver avant 22h.
Sur une portion de route on se met en mode "10kms de la CUC", à plus de 13 à l'heure après 16h de course... faut être malade.
La descente n'est pas régulière et des passages plats nous font douter.
S'ensuit une série de lacets interminables, on a toujours pas l'impression de descendre beaucoup, mais par contre on avance toujours aussi vite.
Fin de descente un peu plus technique, il reste le kilometre de plat du départ à refaire dans l'autre sens.
L'arrivée dans le petit village est géniale, le public nombreux et très chaleureux nous accueille sur les 200 derniers mètres. Malgré l'heure qui commence à avancer (22h), c'est vraiment la fête dans le village: Podium sono avec DJ, Spots, Terrasses garnies, tout y est.
Nous passons la ligne à 22h01, soit un temps final sera de 16h59 et la 275ème place.
Autant dire que c'était inespéré pour nous, qui pensions surtout au départ à terminer dans les temps (26h) pour une première expérience sur du très long.
Après quelques minutes pour reprendre nos esprits et rassurer toute la famille, la récup se fait bien entendu autour d'une bonne bière, et comble du luxe, d'une superbe pizza 4 fromages, idéale pour recharger les batteries...
Les arrivées se poursuivront tard dans la nuit, jusqu'à 7h le lendemain matin.
A l'arrivée il est forcément temps de faire le debriefing "à chaud":
Pour ma part, une journée de course superbe.
Une impression d'objectif plus qu'atteint, sans aucun pépin en 17h de course.
La gestion du rythme et des ravitos a été parfaite. Des conditions météo idéales pour ce type de balade.
Une fin de course au pas de chage là ou nous pensions être à 4 pattes...
L'impression d'avoir fait le meilleur de ce que notre modeste niveau nous permettait d'espérer!
Et surtout des paysages superbes plein les yeux.
Une course à faire, pour son organisation sans faille, ses bénévoles au top de la gentillesse et de l'efficacité, et son cadre grandiose et sauvage.
Il nous restait à rejoindre Cherbourg dimanche, une route ponctuée par le suivi live de la fin de course de Loïc (c'est beau la technologie) entrecoupée tout de même de quelques siestes!
Bravo à tous les Chamoniards pour vos exploits respectifs dans des conditions très difficiles et au président qui montre une fois de plus l'exemple!
A très bientôt pour le debriefing de vive voix
A+
Arnaud