26 Octobre 2010
Comme je le disais hier, c'est une course à recommander, même à ses amis !!! et surtout à certains de ses amis !!!!
Sans rire, ça m'a paru vraiment dur et certainement que la météo sur les dernières heures n'a pas arrangé la difficulté, MAIS c'est quand même un super parcours et pour ma part, je n'ai pas été gêné (ou peu) par le monde (car 2700 furieux sur du single track humide et TRES technique, ça fait du monde).
Les paysages sont somptueux et à la hauteur de mes attentes avec tout ce qu'il fallait... mais pas de vautours. Je vais d'ailleurs évacué tout de suite la page animal : aucun soucis de cet ordre sauf avec 2 gros boeufs qui m'ont quasiment jeté dans les buis pour me doubler dans une descente..
Alors la course : comme prévu, je me place pas trop loin du sas préférentiel réservé à 100 coureurs(ses) et là c'est l'attente de l'un des moments forts des Templiers, le départ avec les fumigènes et la musique d'Era à fond (Améno ...)mais là les fumigènes se font discrêts et la musique, courte et peu forte !! ben oui, à 6h du mat, on dort en ville !!! Ou autre explication, je suis parti plus vite que la dernière fois et j'avais un buff neuf ??? Ou je suis blasé ???
Donc moins d'émotions!!
Celles -ci vont revenir trés vite, lorsque je m'aperçois que malgré un départ que je qualifierai de rapide, je me fais doubler par tous les sens et (erreur dans la lecture du topo) la grosse côte n'arrive qu'au 7ème kilo. Avant, c'est faux plat montant et montée sur bitume (la seule portion avec le dernier kilo) à un rythme trés dense et ça double !!
Globalement, le niveau est élevé, c'est vraiment maintenant le véritable championnat de france et toutes les écuries de toutes les régions sont là avec les équipements et sponsors qui vont bien, comme nous, quoi ???
Donc, ça se la pête mais ça court vite!!!
Et voilà la première, 500 m de D+ en un peu plus d'un kilomètre, mes tendons d'Achille s'en rapelleront, surtout que ça continue à bien avancer et au sommet, premier couteau dans le dos : "les premiers sont passés depuis 25' (8ème kilomètre)" dixit un bénévole. Réalisant que le podium n'était plus à ma portée, je fais le deuil de la course et me concentre sur ces quelques contractures sur les tendons et autres ischios qui me paraissent bien précoces !!
Heureusement, Dame Nature (eh oui Anthony) me fait oublier ces petis soucis : c'est un passage trés beau au lever du jour,sur le causse, sur des chemins sablonneux et des petits singles dans l'herbe haute avec des couleurs dorées (bon ok, j'arrête)!! où tu peux courir vite voire trés et trop vite.
Ca avance, et on enchaîne avec une longue descente en lacets qui va vite, elle aussi. Premier ravito (22 km), arrêt bref.
Et c'est là que bing, gros coup de mou, plus de jambes ou plutôt si je les sens trop, c'est tout dur, les tendons des genoux s'en mêlent et le coca (aveyronnais) a du mal à passer, la tête s'en mêle et commence alors à poindre des idées "grises".. Pour améliorer ça, je recontacte Dame mais là ???, La Roche Décollée est là mais pas les vautours !! c'est un signe (dans ces moments là, tout se transforme en signe...). Bon, il faut continuer et j'essaie de maintenir le même rythme en ayant qu'une idée "TOUJOURS AVANCER", donc j'avance et ça monte dur mais c'est beau, puis de nouveau les causses, pas mieux. Ce moment de moins bien va durer jusqu'au 35ème km et puis, sans m'en rendre vraiment compte, plus mal, la course est repartie.
Je fais un arrêt dans le récit pour donner un conseil : quand on est parti pour du long voire du trés long, il va forcément y avoir un moment où ça ne va pas aller, où des idées noires vont surgir, des douleurs, qui normalement vous ferez vous arrêter, vont vous obnibuler, c'est normal. Dans ces moments là, ne rien lacher ou rendre (par exemple le dossard) mais boire, manger, et avancer, même doucement, ne pas s'arrêter et essayer de faire divaguer son esprit ailleurs que sur ses douleurs (la nature, ses proches, ses "ennemis", la retraite, ...) et avancer et ça va passer, c'est sur !!!
Bon deuxième ravito, et là on fait les malins, il ne reste que 30 km mais alors quels kilomètres, les plus longs de l'année. A partir de là, je fais des infidélités à la Dame car je ne regarde que mes pieds, ou presque car mes mains me sont trés utiles pour m'accrocher et me rattraper aux branches !! Et ça va crescendo, plus qu'on avance et plus c'est dur et la pluie s'en mêle, d'abord forte puis intense.
Donc, en 30 km, c'est 2500 m de D+, des descentes où les talons arrivent à mi-chaussures "serrez bien vos lacets qu'is disaient les bénévoles!!!", des montées où les virages semblent inutiles et les passages les plus dangereux sont les plats : racines, pierres, dévers, corniches, trous ...
Le pompon, c'est le final : 6km entre le dernier ravito et l'arrivée et là c'est du grand délire et pourtant j'aime ça : c'est du Moncontour mais en pente et trés pentu !!!
Une montée tout dré avec l'aide des branches, des cailloux et tout ce qui traîne et une descente où les meilleures freeriders auraient eu peur : 500m de D- à passer de branches, en buis, en chênes liège, en cordes fixes (où mes beaux gants tout neufs pourtant tops de chez Patricia ont rendu l'âme : une si courte vie !!!).
Là, vidéo gag aurait pu remplir ses stocks pour des années mais malheureusement je pense qu'il y a eu pas mal de casse chez ceux qui ont loupé les arbres !!!
Et puis; c'est sorti tout boueux des bois que je finis le dernier kilomètre en voltigeant à 13 km/h (pour faire moins de 10h!!!). Et arrivée : 9h43' et 279 ème (j'ai perdu une place depuis hier)
Après, c'est tshirt finisher, médaille (oui monsieur!!), ravito, change, alligot / saucisses (offert) et retour ...
De retour à cherbourg, j'ai appris que la course avait été neutralisé, ce qui ne m'a pas étonné : donc sur 2700 au départ environ 1100 arrivants (totalité du parcours), 900 qui ont été reorienté (pas la dernière montée, ni la dernière descente) et 700 abandons.
Mes impressions sont mitigées : la course est belle, trés belle mais vraiment plus dure techniquement et assez inégale dans les difficultés. Mais c'est du costaud !!
L'accueil (salon, lieu du départ/arrivée, ambiance du départ et ambiance générale) m'a beaucoup moins plu qu'il y a deux ans, où j'avais eu du mal à quitter les lieux et l'ambiance...
On sent quand même beaucoup plus qu'ailleurs l'esprit compet qui prend le dessus sur le "fameux esprit trail", de part le tableau de coureurs, de part la présence importante d'AdiDas et de ses valeurs plus "athlétisme" que The North Face, par exemple (même si je ne suis pas dupe) et de part la présence (et ça me gêne plus) de la FFA et de sa volonté de règlementer tout ça et faire rentrer tout le monde au bercail (ils seraient prêts, j'en suis sur, à supprimer la biere à l'arrivée !! déjà qu'ils en servaient sans alcool ,bahhhh!!).
En fait, ce qu'ils veulent tous, orga, sponsors et fédé, c'est accueillir en 2011 ou 2013, les championnats du monde de Trail sur la Course des Templiers, donc ...
Enfin, ce qu'il me reste, c'est avant tout, une trés belle course mais trés dure et A FAIRE !!!
Pendant, que je faisais le malin, d'autres s'entraînaient (j'espère sérieusement) : du côté de la Hague, dans le val de saire pour les Deganne, je ne sais pas où pour la famille "pâtes sans rien", en vtt la nuit ??? et une a mouillé (encore une fois) le maillot pour l'assoc, notre spécialiste du cross, Nathalie DE qui, après le Vallon sauvage, s'est offert le cross des pompiers (et de belles photos!!). Bravo